Histoire du FAL - VIIIème FAL
UN AGENDA D’AVENIR POUR LES AUTORITÉS LOCALES
IX FORUM SOCIAL MONDIAL, VIIIème ASSAMBLÉE MONDIALE DU RÉSEAU FAL
BELÉM DO PARÁ, 31 JANVIER 2009
- Du 28 au 31 janvier 2009, à Belém do Para, les Autorités Locales se sont rencontrées dans le cadre du Forum social mondial tenu en Amazonie brésilienne. Cette assemblée réunissait des villes, réseaux de villes et gouvernements locaux intermédiaires ou autonomes avec les représentants de réseaux, mouvements et organisations du Forum social mondial et des personnalités de gouvernements fédéraux et nationaux et d’organismes internationaux.
- Dans le contexte actuel de crise structurelle globale, le Forum des Autorités Locales réaffirme l’importance de la coopération et de l’organisation en réseau des différents niveaux de pouvoirs locaux et territoriaux et de leur alliance avec les mouvements sociaux pour la construction d’un autre monde possible. Le FAL, réseau pluraliste, est lui-même composé d’élus locaux militants, le plus souvent issus de différents mouvements sociaux.
- Ce VIIIème Forum se réunit au moment où le monde connaît une crise globale de dimension et de durée sans doute inédites. Les effets les plus violents de cette crise se manifesteront majoritairement dans les populations et les territoires les plus défavorisés. Cette crise n’est pas seulement financière. Le monde de Wall Street et les propositions du Forum économique de Davos conduisent au naufrage et plongent l’humanité dans une crise de civilisation. Cette crise globale est en même temps économique, sociale, environnementale, énergétique, alimentaire... Elle prend aussi un caractère belliciste comme en témoigne la guerre meurtrière dont vient d’être victime le peuple palestinien dans la bande de Gaza. Cette crise systémique révèle l’échec de l’unilatéralisme néo conservateur et de son idéologie.
- Face à ce panorama de désolation, prennent progressivement corps des alternatives diverses dans des espaces locaux ou/et métropolitains (la moitié de l’humanité est aujourd’hui urbaine), régionaux, nationaux et globaux, alternatives et expériences qui ouvrent de nouvelles perspectives et horizons vers un autre monde possible : processus d’intégration des peuples et régions et pour un multilatéralisme rénové ; expériences de démocratie participative ; politiques actives de socialisation (inclusion sociale) ; réappropriations des biens et services publics ; défense des droits humains, culturels, linguistiques ; plates-formes d’échanges et de coopération pour la construction de métropoles solidaires ; respect de la diversité et valorisation de la solidarité ; propositions de coopérations Sud-Sud ; propositions d’alliance des civilisations et pour la promotion d’une culture de paix et de la non violence. Dans le même esprit, le dépassement de systèmes économiques basés sur l’exploitation systématique et destructrice des ressources naturelles aux seules fins d’encourager et satisfaire une demande croissante de consommation incontrôlée et irresponsable ; les expériences qui démontrent la viabilité d’une économie sociale, durable et solidaire ; les nouveaux modèles territoriaux de développement local basés sur la préservation de leurs ressources et une plus juste répartition des richesses… sont quelques-unes des expressions du monde que nous voulons construire.
- Dans ce contexte de crise et d’alternatives émergentes, le « local » devient l’espace stratégique pour relever les défis posés. Ces dernières années, nos Gouvernements locaux ont établi des relations et alliances nouvelles avec les Mouvements sociaux et les différents modes d’organisation de la citoyenneté locale en construisant des réseaux d’échanges spécifiques (FAL-P, Plate forme mondiale PPIS1, FAL-A…). Tout ce travail concoure au développement de politiques locales innovantes en matière de gestion démocratique et d’inclusion sociale. Nous poursuivons ainsi l’objectif que le FAL se développe comme un réseau de Gouvernements locaux se substituant aux modèles rigides, centralisés et bureaucratiques par une alternative d’organisation horizontale, décentralisée et flexible, pratiquant une solidarité globale opposée aux causes et effets d’une globalisation ségrégative.
- Le FAL impulse une stratégie internationale/locale articulée à l’expérience et aux pratiques de nombreuses villes du monde et basée sur la solidarité éthique et politique, le combat contre toutes les formes d’exclusion et de discrimination attentatoires aux droits humains et sociaux sur leurs territoires. Nous soulignons le potentiel émancipateur des initiatives qui s’incarnent dans l’alliance entre pouvoirs locaux et citoyenneté locale et se concrétisent en politiques publiques démocratiques, participatives et inclusives en mettant l’accent sur le rôle déterminant que les femmes jouent dans ces processus : l’égalité de genre doit être une priorité absolue dans le développement des communautés locales.
- Le réseau FAL défend l’idée qu’avec toutes les luttes pour la démocratie et la justice globale est en train de naître un nouvel internationalisme de la solidarité locale/globale. Ce mouvement comprend un nombre croissant de réseaux de villes et régions, de gouvernements démocratiques et internationalistes qui développent des actions ne se limitant pas à l’espace institutionnel ou aux sphères étatiques. Le réseau FAL se réfère à une éthique de la solidarité, une culture internationaliste et une action politique globale. Nous pouvons rêver et lutter pour des territoires différents, où il fasse meilleur vivre, plus humains et durables.
- Les villes et territoires sont des espaces de réinvention de la démocratie. Travailler à partir du local pour penser et agir au niveau national et international permet d’articuler concrètement la lutte pour le changement démocratique et la transformation sociale, pour le développement durable, le respect des droits humains dans la ville, l’intégration des peuples pour un nouveau système mondial plus juste et démocratique.
- Pour le réseau FAL, la coopération internationale décentralisée et horizontale constitue un outil précieux pour renforcer les pouvoirs locaux et améliorer la vie des populations, résister aux impacts négatifs de la globalisation et renforcer la lutte collective pour une mondialisation alternative. Nous réaffirmons la nécessité de penser et agir local/global. Cet autre monde possible et nécessaire auquel nous aspirons et travaillons commence dans les villes, au sein desquelles se noue l’alliance stratégique avec les mouvements sociaux.
- Dans ce contexte de crise mondiale du capitalisme, le VIIIème Forum des Autorités Locales, réunit à Belém do Para dans le cadre du FSM, considère comme une tâche urgente et prioritaire de contribuer, par des efforts collectifs, à la construction d’alternatives et d’impulser par là même un contrôle démocratique de l’économie et de l’Etat. Ces alternatives, initiées et promues par les Gouvernements locaux du réseau FAL, se fondent sur les valeurs communes universelles qu’énoncent les principes de justice sociale, d’équité et de développement durable.
- Ce VIIIème FAL de Belém apporte de nouvelles réflexions et propositions sur cinq grands axes thématiques2 et pour un agenda d’actions qui renforce l’engagement et le rôle de notre mouvement d’Autorités locales pour un autre monde possible.
Le FAL manifeste conjointement son engagement à construire et renforcer Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), qui reprend à son compte une part de ces propositions. Cela se manifeste au sein des commissions de CGLU dans lesquelles les Autorités locales du réseau FAL sont les plus actives : Inclusion sociale et démocratie participative ; Villes de périphérie ; Coopération décentralisée ; Culture et diplomatie des villes.
Conséquemment, nous demandons que ces nouvelles réflexions soient prises en compte dans les agendas de nos gouvernements nationaux et ceux des Organisations internationales.










